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Le retour d’expérience chinois sur l'assurance des véhicules électriques

L’an passé, en Chine, 5,67 millions de véhicules hybrides ou électriques se sont vendus 📈. En comparaison, Européens et Américains n’ont immatriculé respectivement que 1,1 million et 800 000 de VE. Cette reconfiguration rapide du parc automobile national donne – là aussi ! – une longueur d’avance aux assureurs chinois pour mieux appréhender les nouveaux enjeux.


De riches enseignements 👨‍🏫

C’est en tout cas le sens d’un article, publié en septembre, que l’on doit à Xiaohui Lu, de chez LexisNexis, et qui met en avant plusieurs points [1] :

1️⃣ Les demandes d’indemnisation après sinistre sont en moyenne 56 % plus nombreuses pour les VE et les montants 52 % plus importants.

2️⃣ Le risque d’accident augmente avec la puissance du couple moteur et la valeur de la batterie dont le VE est équipé.

3️⃣ Les véhicules dotés du système « One Pedal Drive » connaissent plus de sinistres que ceux ayant deux pédales.

4️⃣ Les blocs batterie montés sur la partie basse du véhicule sont fréquemment endommagés quand le VE rencontre une bosse ou un trottoir.

5️⃣ Le risque d’accident est accru chez les automobilistes qui viennent de passer du thermique à l’électrique. Les choses « rentrent dans l’ordre » après trois ans d’adaptation.


Un écosystème performant 💪

Xiaohui Lu insiste aussi sur la solidité de ces remontées. Les autorités chinoises ont en effet mis en place depuis plusieurs années une base de données 👩‍💻 à laquelle tous les constructeurs ont l’obligation de communiquer les informations qu’ils collectent.

Tous ces éléments ont conduit l’AAC, l’Association des assureurs chinois, à établir fin 2022 de nouvelles directives pour les VE et les hybrides [2]. Notamment pour permettre une meilleure prise en compte du risque de combustion de la batterie et de toutes les problématiques liées à la charge.


Patience… ⏳

On peut à mon avis conclure de ce précieux retour d’expérience que le surcoût associé à l’assurance des véhicules électriques est en partie d’ordre conjoncturel.

La réparabilité devrait s’améliorer à terme avec la montée en puissance d’une filière réparation spécialisée et l’arrivée d’une législation élargissant l’accès aux données des véhicules.

➡ La sinistralité devrait baisser à mesure que les automobilistes s’habitueront à ce nouveau type de voitures (pédale unique, puissance et poids des véhicules, etc.).


Sur des œufs 🥚

Par contre, ce tournant technologique nous met face à de nouvelles problématiques appelées à perdurer : dommages lors de la charge, incendies, etc. L’accélération des innovations concernant la batterie, sa puissance et sa vitesse de recharge, entraînera avec elle son lot d’imprévus 😯.

Tout n’est donc pas gagné pour garantir la rentabilité de ce marché. Surtout que la branche automobile est historiquement, on le sait, une branche à l’équilibre financier fragile (le fameux ratio combiné…). Et où le moindre changement peut se traduire par de lourds déficits.


Sources :

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