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Partage des données de conduite entre constructeurs et assureurs, un jeu dangereux !


Autoroute entre buidings

Un jour, Kenn Dahl, citoyen américain, s’est rendu compte que le montant de sa prime d’assurance auto avait bondi. 📈 Il a, tout naturellement, appelé son assureur. Mais il n’était pas au bout de ses surprises…




Ahurissant 😯



Dans l’échange émerge un élément étrange : l’augmentation aurait un lien avec son « rapport LexisNexis ». M. Dahl contacte donc le groupe new-yorkais, qui exerce entre autres dans le courtage de données.



Il reçoit alors un volumineux document 📕, qui rassemble toutes les informations concernant sa Chevrolet Bolt sur les six derniers mois. Rien n’y manque : horaires des trajets, distances parcourues, détail des accélérations, freinages, etc. Les data sont fournies par General Motors… et M. Dahl, on le devine, n’en savait rien.




40 nuances d’opacité 🙈



Cette histoire, que raconte le New-York Times [1], met en lumière la manière dont, aux USA, plusieurs constructeurs contournent allègrement les questions de consentement.



➡️ Quand ils activent dans leur véhicule des applications d’évaluation de la conduite, rien n’informe les automobilistes du partage de leurs données avec des tiers.



➡️ Les constructeurs s’abritent derrière le fait que les clients ont dit oui à ce type de partage. Cela parce que la chose est stipulée dans un obscur paragraphe des « Politiques de confidentialité ».



➡️ Même chose côté assureurs, qui s’appuient sur une clause du contrat sur les données fournies par des tiers.



➡️ Le rapport LexisNexis relève des événements comme « freinage brutal ». Mais nulle mise en contexte ni définition de ce qui caractérise un tel freinage. Rien non plus sur son impact sur le score conducteur, ni de lien entre celui-ci et l’évolution de la prime d’assurance.




Écuries d’Augias 🐎



En décembre, le sénateur Edward Markey a saisi la Federal Trade Commission afin qu’elle se penche sur les pratiques des constructeurs et les éventuels manquements aux règles de respect de la vie privée.🕵️



Dans un courrier commun, les principaux constructeurs ont répondu au sénateur. Mais sans aborder les questions de fond : leur usage commercial des données et la perte éventuelle de fonctionnalités pour les clients qui refuseraient la collecte de données. [2] À voir si les pouvoirs publics US vont maintenant durcir le ton.




Jouer avec le feu 🧨



Mais il y a plus encore que le risque judiciaire. À vouloir être trop gourmands et monétiser la data à toute force, les constructeurs sont peut-être en train de trahir leur ADN.



Car la voiture incarne notamment le plaisir et la liberté 🛣️ ; en faire un moyen de surveillance a quelque chose d’antinomique. Et je doute que, à terme, l’acheteur de véhicules sportifs y trouve son compte, quand chaque coup d’accélérateur déclenche une alerte chez son assureur… et un relèvement de sa prime.




Sources :



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