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Voitures épaves : vers la fin d’un marché parallèle ?

Un agent des douanes contrôle un conteneur rempli de voitures épaves


Il y a autour des véhicules hors d’usage (VHU) comme un halo d’opacité, qui nous empêche d’avoir autant de données que nous le souhaiterions. 🙈


Mais voici, j’espère, de quoi fournir une petite idée de l’ampleur du problème :

1️⃣ A l’échelle européenne, le nombre de véhicules en fin de vie atteint 6,5 millions par an. [1]

2️⃣ On perd la trace d’environ 3,5 millions de véhicules chaque année. [2]

3️⃣ Une étude des Nations-Unies a montré que, entre 2015 et 2018, 14 millions de véhicules légers d’occasion ont été exportés à travers le monde. Plus de la moitié transitent des pays du Nord vers l’Afrique. [3]

4️⃣ Une autre étude révélait que l’âge moyen des VO envoyés des Pays-Bas à destination de la Gambie flirte avec les 19 ans… [4]


Des chiffres officiels, mais qui sont révélateurs de ce qui se trame aussi sous les radars.


L’état des lieux est donc inquiétant à tous points de vue :

➡️ A travers nos épaves, ou nos quasi-épaves, nous exportons vers les pays en développement un double danger, celui de la pollution et celui de l’insécurité routière.

➡️ Faute de systèmes de contrôles performants, des VHU sont envoyés en Europe de l’Est, rafraîchis a minima, puis revendus en France comme s’ils n’avaient jamais subi de sinistre.

➡️ Nous nous privons, chaque fois qu’une voiture est soustraite aux opérations de déconstruction, de précieuses ressources en termes de pièces de réemploi et de matériaux recyclés.


C’est sur ce sombre constat qu’une bonne nouvelle, début décembre, a pointé le bout de son nez. Un accord entre la Commission européenne et le Parlement vise en effet une modification de la réglementation sur la fin de vie des véhicules. [5]


Je retiens trois mesures, fortes et complémentaires :

➡️ la formulation de critères plus stricts pour définir le statut d’épave et l’interdiction faite auxdites épaves d’être revendues comme VO ou exportées ;

➡️ l’interdiction pour les VO dont le contrôle technique n’est pas valable de quitter le sol européen ;

➡️ l’instauration, dans le cadre de la REP (responsabilité élargie des producteurs), de règles communautaires qui contraignent les constructeurs à supporter le coût des VHU, quelles que soient leurs pérégrinations à travers le Continent.


En espérant que cela débouche sur la création de bases de données performantes qui empêcheront de perdre la trace d’un véhicule.


Cela, en tout cas, va incontestablement dans le bon sens. 😮‍💨 Et pourrait, au passage, permettre aux assureurs d’en finir avec une sorte de jeu de dupe. Les reventes d’épaves à l’étranger, on le sait, gonflent les cours du marché, ce qui allège artificiellement le coût des procédures perte totale.

Mais le prix à payer est double :

1️⃣ dégradation de l’état du parc auto ;

2️⃣ affaiblissement de la filière VHU.


Le projet ambitieux porté par l’UE, qui reprend certains principes déjà en vigueur en France, pourrait à cet égard opérer comme un énergique stimulant. C’est au final en étant amenés à traiter de plus en plus d’épaves sur notre sol que nous parviendrons à dynamiser les solutions de valorisation.


Sources :


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