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Recul sur la fin du thermique en 2035 : plus de mal que de bien ?

Une voiture thermique circule sur une route de campagne devant un panneau indiquant la fin du thermique

Je n’ai pas souvenir, depuis l’époque où l’on agitait le spectre du bug de l’an 2000, que l’approche d’un millésime ait ainsi focalisé l’attention. 👀 2035 devait en effet être un point pivot, une échéance qui allait marquer pour les mobilités en Europe le début d’une nouvelle ère…

Et puis non. L’intransigeance a enfin fait place aux reculades.


Car, souvenons-nous, l’UE, en imposant son agenda, avait d’abord brillé par son dogmatisme et sa déconnexion des réalités économiques et industrielles :

➡️ insuffisance des infrastructures de charge ;

➡️ retard technologique dans la production des batteries ;

➡️ montée en puissance des constructeurs chinois ;

➡️ bénéfices écologiques très relatifs, compte tenu des conditions de fabrication des batteries, des émissions associées à la production d’électricité ou du poids des PHE (les particules hors échappement dues aux pneumatiques, aux systèmes de freinage, etc.).


Bon, mais si l’on s’est trompé, alors quoi de plus raisonnable que de changer d’avis ? Ce n’est pas si simple, vu que faire marche arrière aujourd’hui, cela signifie :

➡️ décrédibiliser les instances européennes en donnant le sentiment aux populations que les gouvernants ne savent pas où ils vont ;

➡️ exposer les acteurs économiques à ce qu’ils détestent le plus, à savoir l’imprévisibilité ;

➡️ renforcer l’attentisme, déjà très problématique, des consommateurs ;

➡️ déconsidérer les constructeurs qui se sont le plus mobilisés pour atteindre les objectifs (la prochaine fois, mieux vaudrait investir sur le lobbying !).



Certes, pour l’instant, si le principe du zéro thermique après 2035 a été écarté, des restrictions sur la nature du carburant qui sera autorisé demeurent (biocarburants, e-fuels). Mais ce n’est sans doute qu’un début.


L’Italie et l’Allemagne, farouches opposants aux mesures initiales, s’estiment insatisfaits de ces assouplissements et chercheront à pousser leur avantage. [1] 💪


Déjà, en mars dernier, la Commission européenne avait consenti à modifier les règles qu’elle avait précédemment édictées, afin de tenir compte des mauvais chiffres de vente de VE sur l’année 2024. Le mode de calcul des émissions relatif à la norme CAFE avait ainsi été revu pour éviter aux constructeurs des amendes trop lourdes. [2]


On connaît à présent la musique : fixer des objectifs trop ambitieux, faire fond sur des projections forcément fragiles dans un contexte particulièrement instable et céder dès que ça tangue un tant soit peu. 🌩️


Que le politique veuille se faire le porteur d’une vision pour l’avenir, pourquoi pas. Mais cela demande, assurément, un grand courage. Il faut accepter d’en passer par une phase de transition qui peut impliquer des pertes économiques, du chômage, du mécontentement.


Au lieu de quoi, l’UE plie face aux exigences du court terme et, ce faisant, est en train de renoncer à son projet d’accompagner l’électrification. Un renoncement qui, même pour ceux qui ne voyaient pas cette échéance 2035 d’un très bon œil, est de toute façon une fausse bonne nouvelle. 🫤


Sources :


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