Relance de l'autopartage : la France à rebours de l'histoire ?
- Mathieu MILLET
- il y a 11 heures
- 2 min de lecture

L’auto-partage, on l’a peut-être oublié, est une idée brillante. 😊 En France, le concept reste forcément associé à l’expérience Autolib', qui, en dépit de ses déconvenues, aura été pendant quelques années un moyen de déplacement tout à fait pertinent pour de nombreux Franciliens.
Certains semblent s’en souvenir, puisque la région Île-de-France annonce la remise sur pied d’un service d’autopartage : 500 voitures dès 2027, 5 000 véhicules à terme. [1] Ces annonces s’inscrivent dans le cadre d’une stratégie nationale portée par le ministère des Transports qui veut multiplier par quatre l’offre d’ici 2031. 🚀
Une stratégie elle-même adossée à une étude de l’Ademe, qui rappelle que chaque véhicule en autopartage « remplace cinq à huit véhicules particuliers et libère une à trois places de stationnement en voirie ». [2]
Évidemment, il s’agit de tirer les leçons du passé, et le gouvernement a évoqué plusieurs améliorations : inscription simplifiée, identifiant unique et paiement intégré, assouplissement de la réglementation sur l’installation des stations et accompagnement des collectivités, etc. Plus fondamentalement, le nouveau modèle devrait miser sur le fonctionnement que l’on dit « en boucle » : le véhicule doit être déposé à l’endroit même où il a été pris (nettement moins pratique que l’ancienne formule)
Reste l’épineuse question de la dégradation du parc et des infrastructures, qui avait sévèrement grevé la rentabilité d’Autolib. 👿 Je veux parler aussi bien des actes de vandalisme délibérés, que du manque de soin général (conduite brutale, chocs lors du stationnement, etc.).
Dans tous les cas, le sentiment d’irresponsabilité, la difficulté à repérer et à sanctionner les comportements problématiques a fait exploser les frais de fonctionnement, alors que le risque dommages matériels était inassurable. [3]
Une meilleure supervision des usages et une facturation plus efficace des dégradations sont certes envisageables. Mais le jeu en vaut-il la chandelle ?
Cela, alors que les robotaxis, dans leur principe même, évitent tous ces écueils :
➡️ exit les dommages liés à la conduite – l’IA est aux commandes ;
➡️ exit le sentiment d’appropriation du véhicule, qui est un facteur déterminant pour le vandalisme ;
➡️ exit les bornes situées dans l’espace public, et donc exposées, et exit les voitures qui dorment dans la rue.
Les robotaxis jouissent en outre d’un taux d’utilisation optimisé, les véhicules étant d’eux-mêmes capables de se repositionner et de se rendre jusqu’aux sites de maintenance.
Actuellement, des services de robotaxis sont opérationnels dans 20 villes, en Chine et aux USA. Des essais sont prévus à Londres pour cette année. 💂 [4] En France, la réglementation se montre encore frileuse et la conduite autonome de niveau 3 n’est autorisée que dans des conditions restrictives. Mais pourra-t-on freiner longtemps l’arrivée du niveau 4 si la technologie fait la preuve de sa fiabilité ?
On s’interroge alors sur l’intérêt qu’il y aurait à ressusciter ce que l’on avait essayé il y a presque 20 ans, qui n’avait pas marché, qui pourrait marcher mieux. Ce sera au mieux une solution de transition, et au pire un choix fait à rebours du changement de paradigme en cours… 🤔
Sources :
4. euronews.com


