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Industrie automobile : ça eut payé…

quatre robots humanoïdes futuristes avec logos des marques automobiles Citroën, BMW, Renault et Volkswagen

Au royaume des techniques, rien n’est éternel. ⏳La traction chevaline, hégémonique pendant des millénaires, fut détrônée par l’automobile. Celle-ci, un jour prochain, entrera à son tour en déclin… à moins que ce ne soit déjà le cas.


Ce qui est à noter ici, c’est que ces projections pessimistes n’émanent pas d’organes politiques aux positions anti-voiture assumées. Elles se lisent dans les options prises récemment par les constructeurs eux-mêmes. Entre Chery ou Tesla, qui ne parlent presque plus que de robotique, et les grandes familles (Agnelli, Porsche, etc.) qui déplacent leurs billes vers le luxe et l’IA. [1]


À l’origine, la force du constructeur réside dans sa capacité à concevoir des moteurs. 🔧 Or la captation de la valeur se fait aujourd’hui davantage au bénéfice des entreprises d’informatique, d’électronique et des fabricants de batteries.


Comme le souligne le journaliste auto @Matt Hardigree, le travail des constructeurs revient désormais à faire que « tous ces systèmes disparates puissent fonctionner ensemble ». [2] Ajoutons-y la litanie des « basses besognes » qui leur incombe : gestion des stocks, logistique, distribution, après-vente, campagnes de rappel, recours juridiques…

Cela explique pourquoi la « big tech » a renoncé à fabriquer des voitures. 🙅 Mieux vaut, à la façon de Nvidia sur l’IA, se positionner en partenaire incontournable.


La production mondiale a connu son pic dès 2017. Depuis, la plupart des marchés sont saturés, la démographie stagne et les prix de vente ainsi que le TCO augmentent constamment. [3]


Dans le même temps, les pratiques évoluent. En attendant peut-être l’essaimage des robots taxis, les services d’auto partage se répandent en France (+11,5 % de personnes inscrites en 2024) tout comme les VTC (Uber s’est implanté dans 12 villes supplémentaires l’an passé).


Globalement, en 15 ans, la mobilité quotidienne, marquée par la massification du télétravail et des services de livraison, a diminué de 10 % au sein des aires urbaines. Des zones où l’usage des transports en commun poursuit sa progression tandis que le taux de possession du permis de conduire décline. [4]


En fait, il arrive un peu à l’auto ce qui est arrivé au laptop. Là aussi la valeur, d’une part, s’est déplacée, et ce sont les fabricants de GPU qui se taillent la part du lion. D’autre part, les usages ont changé. 🤳 Avec l’avènement des smartphones, des tablettes ou des objets connectés, on n’a jamais plus retrouvé les chiffres de ventes de 2011. Pour autant, il s’écoule toujours autour de 250 millions d’unités par an.


La disparition de la voiture individuelle n’est pas non plus d’actualité. Elle est entrée toutefois dans une phase de déclin structurel. Reste à savoir comment l’Europe, berceau de l’automobile, pourra conserver les compétences critiques qui empêcheront que nos marques ne deviennent des coquilles vides. De simples assembleurs de composants externes, entourés de services marketing qui usent jusqu’à la corde les références à leur glorieux passé… 🛣️


Sources :



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