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Hybrides rechargeables : l’aberration, jusqu’au bout

Un véhicule hybride rechargeable est branché à une borne électrique avec un câble cadenassé

Quelle est la pire façon de voler au secours d’une fausse bonne idée ? Réponse : vouloir la corriger au moyen d’une idée plus mauvaise encore. 😣


Mais revenons au commencement, car l’hybride rechargeable (PHEV) avait « sur le papier » tout du bon plan. Deux motorisations, sollicitées selon les cas : de l’électrique pour les déplacements du quotidien, du thermique pour les longs trajets. Et ça a joliment pris ! Il ne s’en vendait pas 160 000 dans le monde en 2015, alors qu’on avoisinait les 6,5 millions l’an passé. [1] 🚀


Pourquoi ? Parce que le PHEV était une promesse sur roues. Économies de carburant, baisse des émissions, avantages fiscaux et, surtout, un passage à l’électrique sans les affres de la « range anxiety ». [2]


Au final, l’écart entre ce qui était prévu et la réalité est proprement abyssal. Les PHEV relâchent cinq fois plus de CO2 qu’annoncé dans les tests. Les automobilistes étaient censés passer 84 % du temps en mode électrique – las ! ce n’est que 27 %. [3] 🤦


Et puis, comme il s’agit le plus souvent de massifs SUV, que la double motorisation alourdit sensiblement le véhicule et que le moteur électrique n’est taillé ni pour les pentes raides, ni pour les accélérations franches, eh bien, selon les modèles, vous avez beau être en mode électrique, vous brûlez quand même du carburant !


Côté finances, oubliez, là encore, la bonne affaire. À l’achat, vous déboursez en moyenne 11 000 euros de plus que pour une électrique. [4] Quant à la consommation, la note annuelle en carburant est 500 euros au-dessus des montants annoncés. [5] ⛽ Et vu la complexité des mécaniques, les frais d’entretien devraient s’avérer assez réjouissants avec les années.

Conséquence logique, les pouvoirs publics, également soucieux de favoriser le 100 % électrique, se sont montrés de moins en moins généreux envers les acheteurs de PHEV.


J’en viens maintenant à cette vraie mauvaise idée, que nous devons aux constructeurs allemands. En voici le principe : si les comportements des automobilistes ne cadrent pas avec les prévisions, c’est juste qu’ils ont besoin d’une petite mise au pas. [6]


Il s’agirait en l’occurrence de brider le moteur pour les cas où le conducteur têtu continue trop longtemps en mode thermique, alors même qu’un voyant lui a intimé l’ordre de recharger sa batterie. 👊 Les constructeurs pourraient ainsi continuer à écouler leurs coûteux modèles et éviter qu’une réévaluation de l’impact environnemental des PHEV ne vienne les mettre en délicatesse avec les normes CAFE.


Comment peut-on être plus déconnecté des attentes du marché ? Le PHEV est par nature une technologie de transition, et d’autant plus précaire que la question de l’accès à la recharge n’a pas à date été résolue. Les constructeurs européens en sont-ils rendus au point où ils préfèrent forcer la main de leurs clients, plutôt que de se demander pourquoi leur produit n’est pas adapté ?


Une erreur de stratégie, cela peut arriver. Mais cet entêtement, cette absence de perspective sur le coup d’après, c’est bien là le plus préoccupant pour l’industrie européenne. 🤔


Sources :

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