Moteur thermique Victime collatérale de la guerre ?
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Et si, mieux qu’aucune directive européenne, c’était la géopolitique qui, bon gré mal gré, nous acheminait vers la fin du thermique. 🚗 Car, bien qu’en arrière fond, le sujet fait aussi, à sa façon, l’actualité de ces dernières semaines.
D’une part avec un diesel qui à 2,19 euros le litre atteint des niveaux inédits. [1] D’autre part avec un surcroît d’intérêt pour les VE. Entre fin février et mi-mars, le nombre de recherches pour ces motorisations a presque doublé sur LaCentrale, comme le nombre de ventes de VE sur le site d’AramisAuto. [2]
La corrélation entre les deux informations est assez évidente – de plus en plus de gens se mettent à calculer les économies qu’il y aurait à passer à l’électrique. Ce qu’est venue formaliser l’ONG Transport & Environment :
➡️ avec du 7 litres aux 100, 1 000 km de trajets par mois et un carburant à 2 euros le litre, prévoyez un budget mensuel de 142 euros ;
➡️ avec un VE qui consomme 20 kWH et une électricité à 0,32 kWh, vous économisez 77 euros par mois. [3]
Et si nous calculons autant, c’est que, au-delà de ces causes conjoncturelles, la conscience de notre dépendance aux hydrocarbures (comme particuliers, comme entrepreneurs et comme nation) est peut-être quelque chose que, de plus en plus, nous commençons à éprouver « dans notre chair ».
Il y a là, à mon avis, la confirmation d’une chose, à savoir que l’élément prix est d’une efficacité sans pareille pour ce qui est de faire évoluer les comportements.
Le lien entre hausse du carburant et appétence pour le VE a déjà été établi. 📊 Une équipe de chercheurs de l’université de Renmin a en effet cherché à mettre en regard l’évolution du prix de l’essence et celle des ventes de VE sur la période 2017-2022.
Or il s’est avéré que, chaque fois que le tarif à la pompe grimpait de un yuan (environ 13 centimes), les Chinois achetaient 4,67 % de VE en plus. Et c’est encore plus vrai des petites voitures qui consomment peu. L’étude concluait sur des projections, laissant entrevoir les impacts qu’une politique de taxation adaptée pourrait avoir sur le marché. [4]
Nous savons, quant à nous, depuis assez longtemps que le pétrole est une source d’énergie appelée à décliner et que de toute façon nous n’en possédons pas dans nos sous-sols. 🛢️Partant de là, la sortie du thermique, tôt ou tard, s’impose comme une nécessité. Nécessité subie ou nécessité choisie.
Car l’essence à deux euros le litre, cela aurait pu être le fait d’orientations fiscales assumées. Avec, évidemment, les immenses défis que cela implique en termes de justice sociale, d’accompagnement et de planification.
Au lieu de quoi, nous avons confié la décarbonation et l’électrification à toute une machinerie administrative complexe, avec les résultats « contrastés » que l’on sait. Taxer le CO2 est une méthode plus brutale, mais autrement plus efficace. Nous sommes ainsi faits qu’il n’y a guère de transformation sans contrainte…
Sources :
2. lesechos.fr
3. roole.fr


