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Faire de nos épaves des coffres-forts

  • il y a 2 jours
  • 2 min de lecture
Voiture électrique en casse avec batterie recyclée visible sous le capot.


Dernièrement, les annonces se multiplient, dans une sorte de ruée vers l’économie circulaire. BMW, Stellantis ou Toyota viennent par exemple d’annoncer la création d’énormes sites consacrés au traitement des VHU.


Longtemps, le boulot d’un constructeur s’est limité à fabriquer des voitures, sans vraiment prendre part aux processus en aval. 🙈 Mais les grandes marques européennes ont vu des pans entiers de l’activité de production leur échapper (batteries des VE, hardware, software, dispositifs de sécurité…). Et elles ont, à l’inverse, de plus en plus investi la distribution et l’entretien-réparation.


Manquait encore la gestion des véhicules en fin de vie, et c’est un événement : jamais à ma connaissance, un secteur produisant des biens de consommation aussi complexes n’avait intégré à une telle échelle le retraitement de ses propres produits.


L’aspect réglementaire joue sans doute. Les exigences croissantes liées à la responsabilité élargie du producteur et à l’empreinte carbone globale des constructeurs sont un puissant incitatif.


Mais la première raison est que l’économie circulaire est rentable et s’impose comme un nouveau relai de croissance. D’après une étude due à @GM Insights :

➡️ Le marché devrait, d’ici 10 ans, passer de 151 à 336 milliards de dollars.

➡️ Les parts respectives du remanufacturé, du réemploi et du recyclage devraient rester proches de ce qu’elles sont aujourd’hui.

➡️ 7 entreprises leaders se partagent aujourd’hui 61 % du marché, parmi lesquelles 4 équipementiers et 3 constructeurs (BMW, Toyota et Renault). [1]


Renault, justement, escompte que sa filiale économie circulaire The Future is Neutral atteigne les 2,3 milliards d’euros de CA d’ici 2030. [2] Soit l’équivalent de 4 % de ses revenus 2025.


Cet essor tirera sans aucun doute parti de l’engouement pour les véhicules reconditionnés.  A l’heure où il se vend une voiture neuve pour 3,4 occasions, de grands sites industriels comme Flins ont été repensés pour la réception de VO, orientés ensuite vers le reconditionnement ou le démontage-recyclage. [3]


L’électrification, quant à elle, aura également un effet positif à long terme. On a calculé que les matériaux récupérables sur un VE valent actuellement 18 % de plus que ceux d’un véhicule thermique. [4]


Mais au-delà de la santé financière des constructeurs, d’autres enjeux s’affirment :

1️⃣ l’environnement – les matériaux recyclés qui sortent des CVHU européens évitent chaque année autant d’émissions de CO2 que le ferait le retrait de la circulation de 4,5 millions de véhicules ;

2️⃣ notre souveraineté.


Nous vivons dans un monde de ressources qui se raréfient et que, a fortiori, il nous faut importer. Or valoriser une pièce ou un véhicule usagé, c’est conserver la matière première. Et c’est parfois même mieux, car on récupère aujourd’hui les métaux achetés en même temps que la voiture, souvent il y a 15 ou 20 ans, au prix de l’époque. 🤑 Soit dix fois moins cher pour le palladium, trois fois moins pour le cuivre, deux fois moins pour l’acier.


Les 249 millions d’automobiles que compte le Continent sont donc autant de petits coffres-forts et qui permettront sur la durée d’atténuer nos déficits commerciaux.



Sources :





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