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Les assureurs, pivot de la stratégie européenne sur le VE ?

Voiture argentée avec un panneau "Batterie Upgradeée" sur le pare-brise. Stationnée devant un bâtiment industriel.


On sait faire ! La réparation des batteries des VE est de moins en moins un problème technologique. 🛠️ Non, les obstacles (qui ne manquent pas) sont ailleurs.


Commençons par une évidence : avant d’être réparée, il faut qu’une batterie soit réparable. Et que par conséquent elle ait été conçue pour permettre le remplacement de ses éléments défectueux. Or c’est loin d’être toujours le cas. 🙄 Une étude du SRA parue en septembre s’est penchée sur les batteries de 21 modèles de VE et d’hybrides, révélant des stratégies industrielles très contrastées. [1] En gros, vous pouvez aussi bien vous retrouver avec une Kia dont la batterie est constituée de 30 modules remplaçables individuellement… qu’avec une Fiat ou une Toyota aux batteries toutes d’un bloc. À prendre ou à jeter !


C’est donc là la première difficulté : amener tous les constructeurs sur des chemins plus vertueux – sachant qu’ils n’ont guère intérêt à voir leurs VE rouler pendant 30 ans. Il y aurait bien la solution d’édicter de nouvelles normes, préparées, cela va sans dire, par de longues passes d’armes devant les instances européennes. 📚 Plus direct, plus rapide, SRA et Revolte (réseau de E-garages, dont je vous ai déjà parlé) cherchent à mettre au point un indice de réparabilité des batteries hautes tensions. [2] Indice qui a vocation à peser sur le marché en influençant aussi bien les clients dans le choix de leur voiture que les assureurs dans la fixation des primes.


Le travail engagé par Revolte nous conduit à notre second point. Car les réparateurs spécialisés sont aujourd’hui en mesure d’intervenir à l’échelle de la cellule. Ce qui permet deux choses :


➡️ cibler précisément les composants HS et donc réduire le coût des réparations ;

➡️ upgrader les batteries des anciennes générations de VE.


Sauf que, en l’état, ces opérations sont hors la loi. Ou plus précisément, le cadre prévu pour la modification de pièces homologuées est trop contraignant pour rendre la pratique viable. [3]

Mais imaginons que l’obstacle réglementaire soit bientôt levé (Revolte a pris la tête d’un « Upgrade Club » pour plaider sa cause auprès de la Commission européenne), eh bien, il restera encore à surmonter la prudence des compagnies d’assurance. 🤔 Une batterie qui prend feu, de nuit, sur son temps de charge, et un incendie qui se propage à tout un logement, c’est le type de scénario qui n’invite pas à la légèreté…


Mieux réparer les batteries, cela conduirait certes à diminuer la facture réparation des VE, actuellement 15 % au-dessus de la moyenne. [4] Et donc à rendre l’assurance des VE plus accessible.


Mais cela ne se fera qu’à condition que, suite à ces interventions sur les batteries, la sécurité du véhicule soit garantie et que, pour le jour où il y aura un problème, les schémas de responsabilité soient clairement posés. Qui du fabricant, du réparateur ou de l’assureur porte le risque ? C’est bien la question qui, in fine, conditionne tout. 👌



Sources : 


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