Indice de réparabilité
- il y a 2 jours
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Des véhicules réparables plutôt que des voitures jetables, l’objectif ne fait guère débat. 🤝 Mais comment s’y prendre ? Comment amener l’industrie à faire des choix qui aillent dans le sens d’une meilleure durabilité ?
D’un côté, il y a cette sorte de solution universelle à tous les problèmes : la contrainte réglementaire. C’est lourd, long à mettre en place, efficace peut-être, mais on voit bien comment l’UE suffoque déjà sous le poids des normes…
ONG et secteur de l’après-vente s’emploient déjà à amener le Parlement européen sur cette voie. [1]
L’autre moyen consiste à faire de la réparabilité une donnée objective et facilement accessible. Et donc à agir en aval sur des consommateurs mieux informés, qui par leurs choix influeront en retour sur les constructeurs. 💰 C’est tout le sens de l’indice de réparabilité porté en particulier par Mobilians et qui devrait voir le jour d’ici 2028. [2]
Car la tâche s’annonce fastidieuse… Pour chaque modèle du marché, les différents organes de la voiture seront passés au crible afin d’évaluer leur réparabilité en fonction d’une multitude de critères :
➡️ disponibilité des pièces ;
➡️ accès à la documentation ;
➡️ possibilité d’une réparation au composant ou nécessité de remplacer le module entier, etc.
Restera alors à faire converger l’ensemble de ces investigations locales pour aboutir à une note unique.
Le pari des promoteurs de cet indice est de permettre aux automobilistes de mieux appréhender le coût d’usage des véhicules qu’ils s’apprêtent à acheter. Et c’est là qu’apparaît déjà une première limite.
Roole DATA a calculé la part des frais d’entretien dans le TCO des voitures. 📊 On est à peine à 10 % – 44 € mensuels sur un budget moyen de 416 € – quand les coûts d’acquisition comptent pour 40 %. [3] Moralité, en termes purement économiques, le prix du véhicule pèse beaucoup moins que sa réparabilité.
Et encore, il faudra que les notes, pour être parlantes, aient une traduction financière. Sous forme par exemple d’un estimatif du « coût moyen de telle ou telle réparation », à la manière dont le DPE vous donne une idée de la consommation énergétique d’un logement.
L’assurance compte aussi pour 10 % du TCO, la prise en compte de l’indice dans le calcul des primes pourrait donc en renforcer l’impact. Les assureurs ont d’ailleurs chargé le SRA de mettre sur pied un indice de réparabilité ad hoc qui leur serve anticiper la fréquence des sinistres et les coûts associés.
Alors, oui, tout ce qui permet d’affiner le pricing va dans le bon sens. Mais les effets risquent de s’avérer marginaux : le calcul des primes s’appuie sur une foule de critères, le modèle de la voiture n’étant pas le plus prépondérant.
Tout bien considéré, ce nouvel indice pourrait avoir à peu près la même portée que celui qui a vu le jour en 2021 pour les appareils électroniques. Des effets loin d’être nuls, mais circonscrits :
➡️ à prix égal, les clients choisissent un produit mieux noté ;
➡️ une partie des fabricants, notamment sur l’entrée de gamme, ont fait de l’indice un nouveau cahier des charges pour revoir la conception ;
➡️ des entreprises leaders ont fait le (strict) nécessaire pour remonter leur note, en allongeant par exemple la disponibilité de le documentation technique ou en facilitant le démontage des batteries. [4]
Il est probable, en définitive, que l’indice de réparabilité automobile ne soit guère plus que cela : une contribution, modeste mais bienvenue, à un marché plus transparent.
Sources :
4. ademe.fr


