L’UE à l’assaut des trafics automobiles
- 13 mai
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Ce sont, d’après l’UE, quelque 3,5 millions de véhicules qui disparaissent de nos routes chaque année. 🪄 Un état de fait qui contrarie sérieusement toute ambition en matière de valorisation des déchets et de sécurisation de nos ressources industrielles. Voilà pourquoi une proposition de règlement publiée fin février s’empare frontalement du problème.
Il s’agit d’abord pour le législateur d’établir une ligne de démarcation nette entre véhicule d’occasion et véhicule en fin de vie (VFV). 🪓 Le document introduit ainsi une liste de critères précis pour décider de la mise sur la touche d’une voiture : dégâts causés par le feu, par l’eau, non-réparabilité d’éléments de structure ou de sécurité, etc. [1]
Qu’est-ce que ça change ? me demanderez-vous. Beaucoup de choses. Car une fois la voiture reconnue VFV, elle aura le CVHU pour unique point de chute.
Autrement dit, avec ce texte, les VFV se voient privés de deux possibilités :
➡️ l’export vers des destinations extraeuropéennes (l’Afrique absorbant le plus gros de nos très vieilles voitures) ;
➡️ la revente à des acteurs de la réparation, éventuellement au profit de filières, situées surtout en Europe de l’Est, qui remettent sur le marché de l’occasion des véhicules hâtivement « retapés ».
Ce genre d’opérations devraient être d’autant plus contrariées que l’Europe cherche en parallèle à se doter d’une chose qui lui manque cruellement, à savoir un outil de traçabilité des véhicules déployé à l’échelle du continent.
La future carte grise numérique européenne aurait deux atouts majeurs :
1️⃣ l’archivage d’informations au caractère très étendu (résultats des contrôles techniques, motifs d’annulation de l’immatriculation, etc.) ;
2️⃣ le partage des bases de données nationales entre États membres. [2]
Un immense bond en avant dans la transparence que viendra sans doute parachever un système de QR codes, affichés à même les plaques d’immatriculation, rendant ces données aisément accessibles. [3]
L’ensemble de ces projets sont en bonne voie d’aboutir et de porter leurs fruits d’ici quelques années. Et cela va, d’après moi, dans le bon sens. Il sera beaucoup plus difficile de pratiquer la fraude kilométrique, comme de redonner une virginité administrative à des voitures volées ou à des épaves. 🦹
Du point de vue des assureurs, la sécurité globale du parc devrait s’en trouver améliorée. Cependant, certains équilibres économiques touchant les pertes totales pourraient être impactés.
Dans les conditions actuelles, en effet, les épaves sont d’autant mieux valorisées qu’elles alimentent les filières parallèles que j’évoquais plus haut. Si ce « débouché » disparaît au profit du seul démontage, l’équation, forcément, sera à revoir.
Mais dans le même temps, on voit se dessiner les contours assez prometteurs d’une reconfiguration de l’écosystème. Et qui passera sans doute par une harmonisation européenne de la gestion des pertes totales et celle des normes entourant les CVHU. ♻️
Sources :


